Sick Degrees of Separation

*

I closed the door and deleted your number
I went quietly, no more Mondays at eight
‘cause on the threshold I saw you hesitate
Now though we must live just like strangers
I can’t bring myself not to count
On another delusion to mount

*

I’d look up and you were all I could see
Five-letter words scrawled under bleachers
(Alright, four, now shut it, math teachers)
I couldn’t help it, it was just so easy
To add it all up, spread it around
I covered it up, took it all down

*

I wouldn’t learn to leave it alone
Always three cheers to spare
On my driest days of despair
I’ve never been one to tag along
Yet I followed you to the nines
And you lost me every time

*

Yet I waited and wasted away, my dear
And my fate is faded in grey, I fear
That hateful asymmetry
The lines have gone dead
And you, always twelve steps ahead
And your reasons, x and y and z

*

And I still wash up on those broken heavens
Craving their quickest fixture
Everything is at sixes and sevens
Stealing what wasn’t there is no theft
Subtract all that away and what’s left?
Go figure

*

There isn’t much left to do
When the result is always fifty-two
If I still miss it, why can’t you?
Pink paint bleeds into blue
Feelings that I can’t undo
Waiting, waiting

Emma Daumas ou la tentative de créer une Avril Lavigne à la française

Disclaimer : j’écris ceci en tant qu’ancienne IMMENSE fan de la Star Academy dans mon enfance et avec beaucoup de respect envers Emma Daumas qui a, je pense, tout autant profité et été victime d’une industrie télévisuelle et musicale très rigide. J’étais également une très grande fan d’Avril Lavigne donc je ne cherche pas à la critiquer gratuitement non plus.

Cela va sans dire, les anciens (et cela vaut aussi pour les actuels) candidats de la Star Academy ont toujours été mis dans des cases. On a créé des scénarios et des personnages afin de susciter l’investissement émotionnel du téléspectateur et bien peu de gens auraient la naïveté d’affirmer que les images du château des Vives-Eaux reflétaient le comportement naturel et la véritable personnalité des candidats.

Certains personnages ont perduré après la fin de l’émission, d’autres non. On sait que les albums des gagnant.es étaient déjà essentiellement écrits avant même la fin de la saison et que bien peu de liberté artistique leur était laissée. Il est d’ailleurs de notoriété publique que Nolwenn Leroy et Elodie Frégé sont restées très insatisfaites de leurs premiers opus respectifs. Bien qu’elle n’ait pas elle-même remporté l’émission, les déclarations d’Emma Daumas, candidate de la saison 2, au fil des années décrivent une situation comparable, avec cette idée d’un personnage dans lequel l’artiste ne se reconnait pas toujours et qui lui colle à la peau.

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J’ai aussi cru comprendre que la mise-en-scène de l’émission – et surtout des quotidiennes – tournait beaucoup autour de sa relation amoureuse avec son petit-ami de l’époque et d’une supposée liaison avec un autre candidat, Fabien, et qu’on l’a plus largement présentée (au début  tout du moins) comme la blonde superficielle et fille unique gâtée. Néanmoins, il me semble clair qu’Emma était peu à peu devenue une des candidates les plus populaires, ce que sa présence en demi-finale confirme bien, et qu’elle reste aujourd’hui une des plus mémorables chez le grand public.

C’est peut-être justement cette confrontation avec Nolwenn en demi-finale qui a contribué à l’image qu’on a voulu lui créer à la sortie de l’émission. Si les deux candidates étaient comparables en terme de maîtrise technique et avaient toutes les deux un côté « bonne élève » (comme Anne-Laure, par ailleurs), on a toujours cherché à les opposer (« le jour et la nuit » disait Armande Altaï). Après la finale, il fallait d’autant plus une antithèse à Nolwenn, la brune un peu mystérieuse présentée comme une diva, et quoi de mieux qu’une rockeuse blonde et rebelle ? Toute ressemblance avec une autre artiste révélée au monde entier en 2002 serait purement fortuite bien sûr ! Pour Universal, l’opportunité était parfaite et Emma n’avait-elle pas elle-même demandé du rock ?

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Ce qui m’a immédiatement frappée quand j’ai redécouvert Emma dans mes années collège ce sont les similitudes évidentes avec l’Avril Lavigne de 2002-2003, c’est-à-dire la période de son premier album.

Évidemment, cela part du fait que toutes les deux sont blondes, ont les cheveux lisses et correspondent aux canons de beauté féminins, rien de bien extraordinaire en soi. Mais il suffit de se pencher sur les images publicitaires d’Emma pour constater qu’on a ressorti tout l’attirail vestimentaire de la canadienne : cravates, débardeurs, pantalons kaki, mitaines, colliers à pics, converses, vernis noir, crayon noir autour des yeux, mèches rouges dans les cheveux, et j’en passe. Quant aux interviews données dans la presse et à la télévision, elles ne font que conforter cette construction d’une image d’« anticonformiste » à coup de révélations et de piques à l’émission de TF1 ainsi qu’au système du showbiz en général. Ce qui ne signifie pas un manque de sincérité de la part de la chanteuse, mais plutôt qu’on n’a pas cherché à censurer ces déclarations potentiellement polémiques, et qu’on les a même sans doute encouragées. (Et heureusement pour elle, finalement, quand on voit à quel point l’émission l’a discréditée au début !)

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Là où la comparaison devient vraiment intéressante (et c’est ce qui m’a frappé en premier lieu à l’époque), c’est quand on considère plus particulièrement certaines chansons et certains clips d’Emma.

Dès les premières secondes, les références à la musique pop-rock / pop-punk du début des années 2000 sautent aux yeux : le clip s’ouvre sur l’image d’une ampli Fender entourée de câbles avec une batterie en arrière-plan, comme pour nous dire « ceci est une chanson rock ».

Cette introduction est accompagnée d’un son de grésillement qui vise sans doute à nous faire croire qu’il s’agit d’images « authentiques », sans fard, qui n’ont pas été minutieusement mises en scène (on se demande bien qui pourrait le croire pourtant…). Cela est renforcé par le choix d’un décor qui semble être une sorte d’entrepôt abandonné, une esthétique brute à l’opposé du glamour supposé de l’industrie musicale. (Selon la chanteuse, ce lieu a avant tout été choisi par manque de budget.)

Tous ces éléments, en en particulier la palette de couleurs très froide qui donne un côté urbain et documentaire, rappellent Avril Lavigne, et assez spécifiquement les clips de « Sk8er Boi » (qui se passe dans un Los Angeles avec des faux-airs de New York) et de « Losing Grip » (qui met en scène un concert clandestin, comme pour « Tu seras »).

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A l’instar de « Sk8er Boi », la chanson commence par de la batterie suivie immédiatement de riffs distordus afin de ne laisser planer aucun doute sur le style de musique, puis enchaîne sur des couplets chantés par-dessus de la guitare rythmique en palm mute alternant avec un refrain très rythmé accompagné du même riff initial et un solo distordu (rien de bien inhabituel évidemment, mais cela participe aux similitudes).

Se succèdent des plans d’Emma, de ses musiciens qui jouent de façon énergique, d’Emma et ses musiciens effectuant diverses activités, et d’anonymes qui se pressent pour assister au concert. Les plans de rues et de bâtiments (beaucoup de bitume et de béton grisâtre) semblent quant à eux entretenir une forme d’ambiguïté sur le contexte qui est sans doute français mais pourrait passer pour anglo-saxon. (J’ai longtemps pensé que « Dernière danse » de Kyo avait été tourné aux Etats-Unis et non dans les Yvelines !) Encore une fois, ce genre de mise en scène n’est certainement pas exclusif à Avril Lavigne et se retrouve dans de nombreux autres clips du genre et / ou de l’époque, bien sûr.

En revanche, certains plans spécifiques comme la descente d’escaliers ou l’arrivée en bmx d’un membre du groupe rappellent très clairement des séquences de « Sk8er Boi », et la fausse séance photo avec les musiciens fait quant à elle penser à la scène des essayages de « Complicated ». Le plan d’Emma assise sur un canapé avec une basse posée à côté (comme pour nous laisser penser qu’elle vient de s’arrêter d’en jouer ?) n’est lui pas sans rappeler un certain photoshoot d’Avril Lavigne avec une Gibson Flying V. Le clip met la même emphase sur une chanteuse entourée par un groupe de musiciens qui formeraient ensemble une bande de potes et le bassiste à dreadlocks convoque à la fois Kyo et Tokio Hotel (référence tout à fait anachronique, évidemment).

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Les ressemblances se retrouvent tout autant dans un autre clip issu du même album, celui de la chanson « Figurine Humaine » qui reprend les mêmes caractéristiques esthétiques et musicaux que « Tu seras ».

Celui-ci est largement composé d’images de (faux) concert, lui aussi, où on pourrait aisément croire reconnaître Avril Lavigne en fronçant un peu les sourcils. Ce clip-là a bien été tourné aux Etats-Unis, et plus précisément à Times Square (choix plus que pertinent, évidemment, quand on considère les paroles) et à quelques kilomètres de l’endroit où la photo-couverture de Let Go avait été prise. L’image d’Emma immobile au milieu de voitures et d’une foule d’anonymes en mouvement (ce qui représente, certes, un autre topos du genre) paraît être une référence directe à cette pochette.

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Contrairement à « Tu seras », cette chanson dont le titre est également à entendre comme « figure inhumaine » prétend délivrer un message aux auditeurs (toujours dans le but de construire cette image de rebelle désabusée…). Le problème est que, si le prétendu anticonformisme d’Avril Lavigne était déjà relativement superficiel (on oublie souvent qu’elle a commencé dans la country et qu’elle vient d’une famille très pratiquante, par exemple), ici le propos critique ne tient absolument pas la route.

Le clip en lui-même enchaîne les images qui prétendent dénoncer l’artificialité du showbiz avec une subtilité discutable mais c’est surtout quand elles sont combinées aux paroles que le message tourne au ridicule. Les couplets dénoncent les méfaits de la télévision (notamment la téléréalité : « It’s a lie! Reality TV is fake » lit-on sur le haut d’Emma ) et des magazines qui vendent un rêve inaccessible et idéalisé à leurs lecteurs et téléspectateurs, en prenant le parti de s’adresser directement à celui-ci. (On suppose qu’il s’agit des fans de la chanteuse qui ont suivi son ascension dans le télécrochet, sans doute de très jeune filles pour la plupart qui sont d’ailleurs tutoyées.) Au-delà du manque de subtilité et de nuance, on se dit qu’une telle dénonciation est pour le moins culottée venant d’une ancienne candidate de téléréalité (« produite à la chaine » et par la chaîne).

Il s’agit d’un clip tourné aux Etats-Unis, et donc au budget conséquent, pour une chanson produite par une grande maison de disque alliée à la chaîne de télévision la plus regardée d’Europe qui ont toutes deux largement profité de leur influence sur le grand public, auditeur.ices de la chanson compris.es. On y critique le star system par le biais d’une célébrité issue d’une émission dont le générique présente clairement la soif de notoriété de ses candidats (rappelez-vous, « ils veulent la célébrité, ils rêvent de succès, il attendent la gloire »). Pour résumer : la chanson est le produit exact de ce qu’elle dénonce, un summum d’hypocrisie.

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Cela pourrait très bien ne pas être un problème si la chanson avait un tant soit peu de recul sur elle-même ou bien si elle évitait de mettre l’artiste dans une position de moralisatrice. (Alors que c’est bien le pronom « nous » qui est constamment utilisé dans « Foule sentimentale ».) L’avertissement prétendu d’Emma est particulièrement insultant pour ses fans à qui on fait la leçon pour avoir osé espérer vivre la même vie que leur idole, alors même que ceux qui dénoncent cette illusion sont ceux qui l’ont créée. Le fan est vu, au mieux, comme un naïf à éduquer, au pire comme une vache à lait à qui on est prêt à vendre le poison et l’antidote en même temps, pourvu que son cerveau reste disponible…

L’ironie est d’autant plus triste que les déclarations d’Emma Daumas sur le début de sa carrière ont montré que cette chanson n’est finalement pas une si mauvaise description (quoiqu’évidemment bien exagérée) de ces premières années. Si celle-ci a par la suite réussi à se créer un univers musical qui lui convenait beaucoup mieux, ce n’est pas grâce aux efforts de son ancienne maison de disque pour la remodeler en Avril Lavigne tricolore.

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Malgré les tentatives d’Universal, Emma Daumas n’est finalement pas devenue l’équivalent français d’Avril Lavigne, et tant mieux pour elle ! Ils avaient pourtant retenté le coup en 2006 avec « Regarde-nous » (une très belle chanson co-écrite par Benoît Poher de Kyo) dont le clip ressemble parfois « à s’y méprendre » aux clips « Don’t Tell Me » et « My Happy Ending »…

Cancel culture in 2003

I’ll try to keep this one will be short(ish) but it will be full of interrogations, as I too am.

In the past few years, we’ve been talking a lot about cancel culture, especially with the emergence of social media – and what I really mean here is Twitter. Though the phenomenon draws from historical precedents, it can be safely said that the practice has really entered the mainstream from the moment Twitter became synonymous (no matter how erroneously) with “the people”.

Without making a habit of it, I’m going to look at a dictionary definition (Merriam-Webster’s) of this catch-all term: cancel culture is “the practice or tendency of engaging in mass canceling as a way of expressing disapproval and exerting social pressure” as well as “the people who engage in or support this practice”. Described this way, it’s hard to see the difference between this and censorship though there seems to be one key difference: it is supposed to come from the people and not the government.

The questions of who this “people” – or perhaps rather these people – may be is a whole other issue. Nowadays, the expression is found mostly in the declarations of conservative, right-wing supporters who use it to complain about the criticism and the attacks that they receive from (often younger) progressive left-wing supporters (also known as “woke”, as our dear Blanquer knows very well…). The idea is that these progressive people would track the words and actions of pretty much any one, ranging from anonymous citizens to famous figures, and even more so, it appears, those who have voiced progressive views in the past (J.K. Rowling, for example, used to be a fervent Trump and Brexit criticizer, until she revealed her transphobic views to the world). Then they would try and find those they could deem problematic (that is to say, racist, misogynistic, LGBTQ-phobic, etc) and then decide that these people become canceled: audiences must not engage with them, they should be banned from cultural acknowledgment, excluded from the public sphere, etc. Some of these social justice warriors, as detractors like to call them, even encourage bullying and real-life violence. Of course, most of you already know that.

Without going into details over a specific case, the practice has undoubtedly proven efficient in the past few years and it has led to significant improvements such as with Harvey Weinstein. However, and I am aware that I am stating the obvious here, it has many, many problematic aspects. To keep it short, in many ways, it is a 21st-century form of puritanism in which the notion of “innocent until proven guilty” is no more; there is no possibility for an individual to say things and then change their minds, or be uninformed at first, or learn new things, or improve, or be clumsy; each and every one of us must pick a side – “you’re either with us or against us” as they used to say around 2003; there is no notion of a nuanced opinion – and everything leads to Nazis and Hitlers, as Godwin predicted; opinions themselves have been conflated with people and their identity – you are what you say, whether you meant it as such or not; and, finally, many people do not seem to care about carrying a discussion anymore, or even convincing others with arguments so that they would change their minds rationally and not just to avoid people’s rage. Basically, cancel culture sucks, very much so. Wherever it’s coming from and towards whomever it is directed. But it’s easy to forget that sometimes, especially when you find yourself particularly detesting the views of certain people (looking at you JKR, your betrayal still cuts deeply) or even feeling threatened by them (talks of civil wars in numerous Western countries…)

That’s why, I always try to remind myself of the one case that hits very close to home

As you may know, the (then Dixie) Chicks faced an embryonic form of cancel culture after their singer Natalie Maines dared to face an anti-war opinion at a concert on foreign soil (London, the only part of her statement that the Guardian reported on at the time was “we’re ashamed the president of the United States is from Texas”, hardly a strong political statement…) I am not going to recap the whole thing and the trauma it left them in, their documentary Shut Up and Sing does that very well. But what we need to remember is that they were insulted on national television (“These are callow, foolish women who deserve to be slapped around”, “the dumbest, dumbest bimbos I have ever seen” “the Dixie Twitz” “Dixie Sluts”, etc cf their Entertainment Weekly cover), people organized online to stop radios from playing their music (an organization called the Free Republic) and to gather people to destroy their records publicly or to attend their concerts just to boo them, they received death threats and the Senate Commerce Committee even examined the whole situation. All of this culminated into one very real death threat that had the FBI investigating the attendees of a Dallas concert in 2003. To this day, almost twenty years later, most country platforms still pretend they don’t exist and many of their listeners see them as traitors, even though they were proven right in their rejection of the Iraq war. Of course, the “incident” – as they have come to refer to it – has also had a profitable effect on their career as it allowed them to embrace progressive views more freely and to establish themselves as defenders of free speech. Probably the main reason that their Taking the Long Way (my favorite album of theirs) won no less that five Grammy Awards in 2007.

The takeaway from all this for me, is how can I defend a system that almost destroyed my favorite band? Why is it that I can get behind cancel culture when it suits me but not when it doesn’t? Shouldn’t I treat my neighbor as I treat myself? Shouldn’t I treat those people who disagree completely with me just as well as those who don’t? How can I decide what is the moral code on which we should all agree? Is there even one? (There must be, I can’t get behind any form of discrimination or violence) Can’t we disagree without it being an aggression? So many questions, so few answers. Or simple ones, at least. I must admit that I don’t know.

The Chicks released a song alongside their documentary. It was recorded for Taking the Long Way but they kept it for the film in the end. It’s called “The Neighbor” and it says “Come out in your backyard Monday / Let’s meet on your front porch Friday”.

My Heart Is

xxxx

A question
Mark
My words
(Wasn’t it cats and cockroaches?)

*

Not cockroaches, but cobwebs
In the rain, and I’m always in the wrong
Lane
(It’s driving me insane)

*

Stop it I can’t think yet
I think too much
With all these voices in my head
(“Sorry, I’m not home right now”)

*

What
You think you’re special/think
You’re something else?
(insert canned laughter)

*

It’s late and I’ve been overanxious and
I’ve probably been watching too much Friends
But living twenty-five years ago is such a comfort
(Has life always been this way?)

*

They had cable and answering machines
And probably not as much empty space
To fill with doubts
(My insides are blue)

*

Maybe all rine and no heart
Will be the answer for now
Vacating the premises
(“Leave a msg and I’ll call you back”)

L’exception américaine

S’il y a bien une exception culturelle américaine – dans le sens où ce pan de la culture américaine n’aura jamais vraiment franchi l’Atlantique – c’est la musique country.

J’ai toujours trouvé hallucinant de voir à quel point des personnalités aussi importantes que Dolly Parton, Tim McGraw ou George Strait sont complètement inconnues en France (et m’étaient moi-même inconnues avant l’âge adulte). Ces derniers – à part Strait qui n’est plus de ce monde – pourraient se balader dans n’importe quelle rue parisienne sans attirer la moindre foule alors qu’ils remplissent des stades en Amérique du Nord. Quoique Dolly Parton aurait peut-être du mal à passer inaperçue si elle conservait son look de scène… Et que dire d’une immense star comme Carrie Underwood, par exemple ? Ce nom qui est pourtant celui de la gagnante d’American Idol ayant vendu le plus de disques, bien avant Kelly Clarkson (grande amatrice de country également, mais qui est connue en tant qu’interprète pop-rock en France) ne fera pas ciller grand monde par chez nous, ni le nom de sa chanson « Jesus, Take the Wheel » à laquelle j’ai pourtant vu une allusion dans la série Gossip Girl par exemple. Quant à Nashville, à la CMT et aux CMAs, n’en parlons même pas. Inconnus au bataillon hexagonal.

Parmi les figures faisant exception (tiens donc, ce mot encore), on peut penser à Miley Cyrus et Taylor Swift ainsi que Shania Twain. Néanmoins, les deux premières ont surtout pu passer la frontière culturelle grâce à la culture Disney Channel et l’appétence du grand public pour les détails de leur vie privée. De plus, et c’est aussi vrai pour Shania, leur musique a été « popisée » afin de plaire davantage aux oreilles européennes. Le cas de Taylor Swift – phénomène musical que nul ne peut méconnaître désormais – est d’autant plus particulier que son véritable succès en Europe (au-delà de quelques titres comme « Love Story » ou « You Belong With Me » qui sont arrivés en version pop-rock) s’est fait une fois que son virage vers la pop, puis plus tard la folk, s’était déjà suffisamment amorcé pour faire oublier « Picture to Burn » et « Tim McGraw ».

Il est paradoxal que cette musique ne soit pas plus connue quand on voit la passion du public français pour les westerns et les cowboys, par exemple, et pour tout ce qui a trait à l’Amérique (et non les Etats-Unis, il y a nuance !) en général.

Par-delà cette ignorance, il y a aussi les clichés qu’inspirent le nom même de la musique. A son entente, les gens pensent « Cotton Eyed Joe », saloon, line dance, chapeau et bottes de cowboys et banjo. Pourtant, ce dernier avait, encore récemment, été mis au ban de la musique de Nashville car considéré comme trop ringard. Par ailleurs, la line dance – bien que liée historiquement à la country – ne s’y limite pas et n’est pas dansée par une part si importante des fans de country. Ne parlons même pas du saloon et des vêtements de cowboys. Quant à la musique en elle-même, elle n’est bien évidemment pas restée coincée dans les années 50. Et pourtant, pour qu’un artiste country passe la frontière, il faut qu’il soit réétiqueté « folk », « rock », « blues » ou à peu près n’importe quoi d’autre. Ainsi, tout le monde ne penserait pas forcément à y lier Johnny Cash, the Eagles ou Neil Young en France.

Evidemment, il y a aussi le fait que la culture country est particulièrement conservatrice et ségréguée, ou bien tout du moins qu’elle l’a été ces dernières décennies. Ségréguée, pour ne pas dire franchement raciste (pensez Beyoncé aux CMA 2016), misogyne (pensez traitement des Dixie Chicks en 2003) et homophobe (pensez Lil Nas X). Non pas que cela soit représentatif de tous, ni que ce soit une fatalité, bien évidemment, mais il est certain que le monde de Nashville s’est replié sur lui-même ces 25 dernières années. L’auditeur moyen – du moins selon les radios country, et donc l’auditeur pour qui elles conçoivent leur programme – est un homme hétérosexuel blanc qui vit au Sud et vote Républicains entre deux weekends de chasse et de fête à l’arrière de son pick-up.

Mais le succès incroyable d’« Old Town Road » ces dernières années ainsi que celui de Mickey Guyton et sa chanson « Black Like Me » sauront peut-être permettre la rédemption de la country et son rayonnement au-delà des frontières américaines…

Fear, Itself

No more chess, no more queen’s gambit, thank you
Now’s the time for sudocoups
Fuck fake news and fuck you too
Open your eyes and join the queue

*

It’s time to crash this party
Pick a side or a bone
It’s time to pour the tea
Take a red pill or a pillow

*

The message’s pretty clear
It’s written in capitol letters
The future, the end is near
It can only get bitter

*

All things seem confirmation
Bros and urobros
All of us high on information
Stuffed sick with sloppy joes

*

I wonder who started that caravan
That small town serenade
That storms and drops
Into darker days

La fin de The 100 et Lexa

Ça y est, la série The 100 s’est terminée, au terme de sept saisons et de nombreuses polémiques. Je ne sais pas trop quoi penser. Cette série je l’ai tant aimée à ses débuts (en particulier la saison 2) puis elle m’a tant déçue, jusqu’à ce que j’en arrive à un état ressemblant à l’indifférence. N’ayant pas vu les saisons 5, 6 et 7, je ne peux pas me prononcer sur la qualité de cette fin par rapport aux intrigues développées dans ces saisons ou aux évolutions des personnages. Mais elle a fait rejaillir certains débats.

Ce que certains ont qualifié de « problème avec The 100 » a commencé avec la mort du personnage de Lexa dans la saison 3 : commandante des 12 tribus natives et love interest de Clarke. Celle-ci est tuée par une belle perdue venant de son propre conseiller au moment où elle venait tout juste de consommer sa relation avec Clarke après des mois d’attente. Une mort particulièrement soudaine et choquante d’un point de vue narratif, mais aussi douloureuse pour les fans du personnage. Ce qu’on a reproché, par-dessus tout, à cette mort c’est qu’elle s’inscrivait dans une bien triste tradition : celle de la mort des personnages LGBT, et en particuliers des personnages de lesbiennes, qui ne seraient pas considérés indispensables, contrairement à des personnages cisgenres et hétérosexuels. La mort de Lexa a été suivie d’une indignation et surtout d’une mobilisation sans précédent sur les réseaux sociaux qui ont permis de mettre le problème en lumière et de remettre en question de nombreux codes narratifs.

Certains (dont moi d’ailleurs, au début) ont comparé la mort de Lexa à celle de Tara dans Buffy the Vampire Slayer. C’est vrai qu’elles se ressemblent beaucoup sur le papier : Tara venait tout juste de se réconcilier (physiquement) avec Willow quand elle a reçu une balle perdue par la fenêtre de leur chambre et qu’elle s’est écroulée dans ses bras. Néanmoins, pour moi, la comparaison s’arrête là. Aussi triste que soit la mort de Tara, je pense qu’elle s’inscrivait dans l’arc narratif de Willow, qui devait d’abord pousser son addiction à la magie le plus loin possible – et cela ne pouvait se faire qu’à travers le plus grand malheur possible pour elle – avant d’entamer sa rédemption. De plus, Joss Whedon est coutumier de ce genre de mort inattendues et choquantes (Jesse, Jenny, Kendra, Doyle, Cordelia, Fred, entre autres). Des morts qui sont aussi critiquables pour un tas d’autres raisons mais qui révèlent au moins une absence d’homophobie. C’est-à-dire que la mort de Tara n’a rien à voir avec l’idée qu’on puisse se passer d’un personnage LGBT, qu’il serait sacrifiable. A priori, elle serait tout de même morte si Willow était un homme, ou bien si elle-même avait été un homme qui sortait avec Willow. Le fait d’inclure Tara dans le générique de cet ultime épisode est certes particulièrement cruel, mais rien de choquant dans le Whedonverse où c’est souvent lorsque les personnages sont le plus heureux et/ou le plus prêts d’atteindre leur but qu’eux ou leurs proches meurent.

La différence, pour moi, c’est avant tout le contexte. Quand Tara est apparue sur les écrans américains en décembre 1999, les relations homosexuelles à la télévision étaient rares, qui plus est entre deux femmes. Elles étaient plus souvent uniquement suggérées, ou bien elles concernaient des personnages très secondaires, ou bien elles étaient traitées de manière comique et légère, ou encore elles étaient représentées comme très éphémères, et puis les personnages homosexuels étaient aussi très stéréotypés. Le plus souvent il y avait un peu de tout ça à la fois. Et puis Tara est arrivée.

Dans ses premiers épisodes, Tara était représentée comme très timide et peu sûre d’elle. Un personnage qu’il était difficile de ne pas apprécier, mais qui ne représentait, pour le moment, qu’une nouvelle amitié pour Willow. Car, 1999 oblige, l’hétéronormativité était partout, presque indiscernable d’ailleurs, et personne n’imaginait autre chose. Ou personne ne voulait l’imaginer, et en particulier la chaine WB qui ne voulait pas perdre de l’audimat et des revenus publicitaires. Les scénaristes ont donc été obligés de ruser. Je suis toujours assez impressionnée par la manière dont notre découverte d’une relation romantique entre Willow et Tara accompagne cette même découverte par les autres personnages, voire celle de Willow elle-même. C’est fait de manière plutôt subtile et élégante et, bien que cela soit forcé par la crainte de la censure, je trouve que ça a le mérite de valoriser la relation. Elle ne devient explicite (sort of…) qu’avec l’épisode où Oz fait son grand retour. La façon dont les choses sont amenées dans cet épisode est évidemment critiquable (et le YouTuber Passion of the Nerd la critique très bien) mais le fait est que leur relation est désormais officiellement établie. Oz et Tara ont été mis sur un pied d’égalité du point de vue de leur légitimité à avoir une relation amoureuse avec Willow et ni l’un ni l’autre n’en sort dévalorisé ou out-of-character. (Je me demande d’ailleurs s’il y a beaucoup de fans de Tara qui n’aiment pas Oz, comment est-ce possible de ne pas l’aimer ?)

Suite à cela, même si elle n’a jamais officiellement fait partie du casting principal de la série, l’appartenance de Tara au Scooby Gang est vite devenue indéniable (bien plus que pour Riley qui apparaissait pourtant au générique !). Petit à petit, elle a été incluse dans des intrigues qui ne concernaient pas Willow directement et elle s’est même beaucoup rapprochée de Buffy. Son personnage a énormément gagné en confiance (ce que le jeu d’actrice d’Amber Benson illustre parfaitement) et elle est devenue un des personnages emblématiques de la série.

Je retiens donc que les scénaristes se sont battus pour montrer cette relation à l’écran à une époque où c’était particulièrement difficile. Ils n’ont pas cédé aux pressions extérieures, se contentant simplement de contourner la censure, jusqu’à ce que l’arrivée sur UPN ne les en affranchisse. Dès le début, et malgré les difficultés, la relation a eu de l’importance et a été montrée à l’écran de manière à la rendre légitime et à l’éloigner des clichés. (D’ailleurs beaucoup de gens s’étonnent toujours quand on souligne que le premier baiser entre Tara et Willow – un baiser très chaste – n’a lieu que dans l’épisode 16 de la saison 5, tant ils s’étaient déjà habitués à la relation.)

Si on résume, Tara et Willow c’est deux saisons et demie de relation, une relation qui n’est jamais montrée ni de manière trop innocente (une fois qu’on s’est débarrassé de la WB), ni de manière spectaculaire ou fortement sexualisée (à part dans l’imagination de Xander bien sûr). Bref, une relation des plus normales, au même titre que celles des autres personnages ou que celle que Willow avait eue avec Oz. Une relation qui a des hauts et des bas et rencontre les mêmes problèmes que toute relation amoureuse hétérosexuelle.

Certes, la mort de Tara a été extrêmement violente pour les fans et je comprends que certains en veuillent encore à Joss Whedon. (J’ai eu de la chance, bien peu de morts dans BtVS et Angel m’ont surprise puisque j’ai commencé à regarder en 2011.) Mais, fondamentalement, la mort de Tara a une signification bien différente de celle de Lexa. Tara ne semble pas avoir été tuée sur un coup de tête ou parce que les scénaristes ne savaient pas quoi faire d’un personnage qui devait quitter la série. Tara n’a pas été tuée parce qu’on pouvait se passer d’elle mais justement parce que rien ne pourrait détruire Willow plus que sa mort (certains pourraient parler de fridging ici). Et, surtout, sa mort ne venait pas contredire ce que la série avait accompli jusqu’ici. En 1999, il était totalement hors de propos de parler de queerbaiting. Bien au contraire, porter un personnage LGBT à l’écran était un acte plutôt courageux. Tara n’est certes plus, mais elle a ouvert le chemin pour de nombreux autres personnages et c’est cela l’héritage qu’elle laisse derrière elle.

A l’inverse, consciemment ou non, l’existence du personnage de Lexa a considérablement nourri la popularité de The 100. Beaucoup ont parlé de queerbaiting dans ce cas : on montre un personnage LGBT, ou on joue sur l’ambigüité d’une relation, parce qu’on sait que ça va faire venir les fans. Car ce problème de la mort de Lexa est intimement lié à la relation entre la série et ses fans. En effet, dès que la possibilité d’une relation entre Lexa et Clarke a commencé à se profiler, deux camps semblent s’être formés chez les fans (bien sûr pas chez tous, et heureusement !) : les pro-Lexa et les pro-Bellamy.

Alors que beaucoup espéraient que Clarke finirait avec Bellamy (à juste titre quand on pense aux livres), tout d’un coup apparaissait une autre possibilité. Une possibilité qui réjouissait de nombreux fans et qui encourageaient beaucoup de gens à s’intéresser à la série. Jusque-là, pas de problème. Mais les guerres entre fans d’un ou de l’autre couple et les questions de ce qui est canonique ou non ont mené à un antagonisme absolument déplorable entre les deux camps. Chacun provoquait l’autre à coup d’arguments souvent ridicules quand on se rappelle qu’il ne s’agit « que » d’une série télévisée. Quand est intervenue la mort de Lexa, certains ont été galvanisés, d’autre se sont sentis trahis, et, plus que jamais, la haine s’est répandue entre les deux camps, sur des fonds de biphobie. Comme si la mort de Lexa démontrait qu’elle n’était pas l’amour de la vie de Clarke, car elles n’étaient pas endgame ; et comme si la possibilité que Clarke finisse avec Bellamy, en cohérence totale avec sa bisexualité, niait la valeur de sa relation avec Lexa. Et évidemment la mort de Bellamy, il y a quelques semaines, n’a pas arrangé les choses. Certains s’en sont montrés satisfaits, la considérant comme une revanche… Je n’aime pas prendre parti dans cette affaire car je suis parfaitement dégoûtée par toute la haine que j’ai pu lire à ce sujet. Néanmoins, je trouve que c’est une erreur de mettre les deux camps dos-à-dos comme s’il s’agissait simplement d’une shipping war. Pour moi, cela va beaucoup plus loin.

Je comprends tout à fait la douleur et la colère des fans de Bellamy à la fin de la série. Bien que je n’aie pas regardé la série depuis environ la fin de la saison 4, j’ai cru comprendre que sa mort aurait été totalement évitable, ou en tout cas pas forcément cruciale à l’intrigue. Ces fans pleurent un personnage qui a beaucoup compté pour eux pendant sept ans, qui a mûri sur leurs écrans, et qui est mort de manière plutôt inutile et qui plus est tué par sa meilleure amie (ou plus, on ne saura jamais). Leur indignation est tout à fait justifiée. Je trouve en effet que Jason Rothenberg semble prendre parti dans cette dernière saison, vouloir « venger » la mort de Lexa par celle de Clarke, comme si tout d’un coup tout le monde serait content, sauf qu’en fait personne n’est content. Si ça a été fait avec ces raisons-là en tête, c’est d’une stupidité inqualifiable. D’autant plus qu’ils nous ont beaucoup rabâché que la mort de Lexa faisait sens au vu du scénario et qu’elle était nécessaire.

Néanmoins, certains ne comprennent pas la portée du personnage de Lexa et de sa relation avec Clarke qui vont bien au-delà de celle d’un personnage de série « classique ». Ils n’ont pas forcément la culture qui puisse leur permettre de comprendre à quel point le personnage de Lexa était exceptionnel en termes de représentation. Lexa représentait un espoir incroyable : enfin une lesbienne qui n’est ni à la marge, ni représentée de manière stéréotypée, ni définie uniquement par sa sexualité. Enfin une relation LGBT qui concerne le personnage principal de la série (à ce stade, je pense que c’est difficilement contestable), et qui plus est se fait sans grand moment de coming out, sans mention particulière du caractère homosexuel de cette relation, bref la normalisation la plus complète imaginable : Clarke est et a toujours été bisexuelle et sa relation avec une autre femme est un non-événement. Enfin, enfin autre chose que le personnage lesbien nécessaire à la diversité. Et cela dans une série de la CW, une série on ne peut plus mainstream, regardée par énormément de gens, et qui ne se présentait pas d’emblée comme une série « pour les queer » ou avec son personnage gay. (Il n’y a absolument rien de mal à faire cela, c’est juste bien que les deux existent, qu’on ne commence pas à faire une sorte de « ségrégation » avec des séries pour minorités).

Bref, c’est tout cela qui fait que la mort de Lexa a été ressentie comme une insulte, et même une gifle, par de nombreux fans. Et c’est pour cela que certains en étaient arrivée à une position se résumant à « n’importe qui sauf Bellamy ». Car mettre Clarke en couple avec Bellamy aurait été donner raison à de nombreux biphobes et homophobes. Non pas dans l’absolu, mais juste vis-à-vis de la communauté de fans. C’est triste mais c’est la réalité, et je crois bien que c’est cela qui doit expliquer les événements de la saison 7. Moi-même, je ne doute pas que le personnage de Bellamy ait pu être d’un grand réconfort pour de nombreux fans, qu’ils s’y soient attachés émotionnellement, qu’ils aient participé au fandom avec beaucoup de bonheur. Néanmoins, il y avait chez les fans de Lexa ce petit truc en plus, cet espoir et cette satisfaction qui faisaient chaud au cœur. Qui faisaient que je me levais tôt le vendredi matin pour pouvoir regarder l’épisode avant d’aller en cours. Et qui ont été absolument anéantis au moment de sa mort.

Heureusement, les temps ont changé depuis 2016 (pour le meilleur et pour le pire). La mort de Lexa apparait presque comme un mal nécessaire afin de mettre en exergue les pires travers scénaristiques et biais cognitifs des séries télévisées. (La série Wynonna Earp a d’ailleurs détourné ce trope du Bury Your Gays de manière absolument brillante !) Je suis plutôt satisfaite de l’apparition de Lexa dans le dernier épisode de la série qui évite un nouveau queerbaiting qui aurait été facile, tout en reconnaissant la dette qui lui est due. Mais je regrette qu’on n’ait pas pu faire la même chose avec Bellamy, qui a tout de même été un personnage principal de la série pendant 7 saisons ! A la place, on nous laisse sur un goût d’inachevé, comme si la meilleure fin était celle qui ne satisfait personne, celle qui ne réconcilie personne, et qui sous-entend que l’opposition Lexa VS Bellamy était légitime…

Parfois j’oublie

« Je fais souvent ce rêve/étrange et pénétrant » disait Verlaine, et moi aussi j’ai des rêves récurrents mais ce ne sont pas les mêmes. Ces temps-ci, il m’est arrivé beaucoup plus souvent que de coutume de me demander si telle où telle chose avait eu lieu pour de vrai ou bien seulement dans un de mes rêves. A chaque fois, je suis partagée entre l’effroi – ça y est, la folie me guette – et la fascination pour cet autre monde, cette autre vie nocturne qui semble vouloir entrer en compétition avec ma vie « normale ».

Car certains de mes rêves – notamment ce cauchemar ou je perds mes dents – sont si récurrents qu’ils pénètrent réellement ma vie éveillée. Tout ce qu’il y a d’irrationnel dans les craintes qu’ils me révèlent ou les espoirs qu’ils me suggèrent fait irruption dans mes considérations ordinaires et je ne sais pas trop quoi en faire, ni à quel « moi » je dois le plus me fier. Celui qui a peur que ses dents tombent ou se cassent subitement ou celui qui se rappelle que mon dentiste a toujours qualifié ma dentition d’adulte d’impeccable ?

Je n’arrive pas à me rappeler de la première fois que j’ai rêvé que je pouvais voler, mais je sais que lorsque j’ai appris l’existence des rêves lucides, c’est la première idée qui me soit venue à l’esprit. Désormais, j’ai rêvé si souvent que je pouvais voler, de manière plus ou moins fastidieuse selon le rêve, qu’il m’arrive parfois d’être surprise en me rappelant que ça n’est pas possible dans la « vraie vie ». Et je crois que c’est une des choses qui m’a le plus touchée dans le roman Song of Solomon de Toni Morrison (que je vénérais déjà bien avant cette lecture).

Déjà, ce roman m’a emmenée dans une parenthèse intellectuelle où il m’était possible d’accepter qu’un être humain puisse s’envoler. Mais finalement cette suspension of disbelief, elle m’était déjà familière.  Ce qui m’a vraiment émerveillée, c’est ce qu’elle m’a fait voir dans l’écriture et la lecture : cette possibilité de m’envoler sans quitter le sol, d’utiliser le langage – ce système si rigide et normalisé parfois – d’une manière fondamentalement puissante et libératrice. Bien sûr, ce n’était pas la première fois que j’en avais conscience. Mais elle a mis des mots – et surtout des images, elle sait si bien les construire – sur cette expérience d’une manière qui m’a profondément émue. Je crois qu’il s’agit là de la plus belle ambition que tout artiste puisse avoir.

Sometimes I forget

That I can’t fly

For I have spent so many nights

Rushing through the air

That spreading my wings

Feels only natural

*

And it is this part of my being

That revels the most

In your songs of freedom

So that thus roused

It can finally glimpse

How one can fly

Without ever leaving the ground

My problem with Glee (and other plot-driven shows)

Ever since it was announced that Naya Rivera had gone missing, and then revealed that she had tragically drowned saving her son, I have found myself thinking a lot about that show that I used to watch in high school. What I liked about it, but also what I disliked and why I eventually stopped watching it.

One thing I often find myself criticizing in this show is both its lack of continuity and the fact that certain things seem to keep happening. For instance, Quinn, my favorite character, gets pregnant in season 1 and through this she learns several things: the most important thing in the world is you and not men, popularity is not what matters the most, bigotry is harmful, real friends are those who stick with you through it all and maybe she didn’t love her boyfriend Finn all that much. Yet, season 2 happens and with it we see Quinn rejoining the Cheerios, turning into a bitch once again, and resuming her relationship with Finn in an extremely unbelievable twist. And don’t get me started on seasons 3, 4 and 5! That’s when I look at my screen and think “how can I care about you people?”, an issue I have also had with other shows like Pretty Little Liars or The 100.

Shows whose writers did not seem to have a specific plan of what would happen next, except maybe for the first few seasons, and, it seems, found themselves renewed and completely out of ideas. They thus resorted to incredibly implausible plot twists to try and keep the show entertaining, at the risk of contradicting themselves and destroying their core meaning or that of their characters. They kept stitching each new season, each new storyline, to the quilt, turning it into increasingly incoherent patchwork.

This is what the YouTuber Passion of the Nerd would call plot-driven episodes, as opposed to character-driven ones. It is when things happen because the writers want or need them to, and not because of the characters’ personalities and histories. The problem with plot-driven episodes is that they make it harder to relate, to care, about the characters. On the contrary, character-driven episodes deepen our relationship with them and help making them believable.

The problem with Glee was that Brittany’s stupidity fluctuated between episodes, that Sam had dated more than half of the girls of the show, that Sue kept turning nice and then mean again, and, most of all, that the characters rarely seemed to learn from their mistakes because they were, more often than not, already forgotten by the next episode.

Apart from mere continuity, it is the idea that the characters’ actions will have lingering consequences that gives weight to their feelings and experiences, that makes them feel real. It is the fact that the trauma will come back, that they’ll remember that joke from two years ago, that they’ll mention that long-gone and/or background character that makes us care about what happens to them. Their lives are connected to the time and space continuum. They may go through changing experiences and evolve, but, at core, they remain the same people. And, as we get to know them, they become like friends, we can hear their voices, characteristic and individual, sing their story; and we also notice when they sound off/out-of-tune. Something that, I believe, Joss Whedon (among others) does incredibly well. He’s also proven that it is possible to remain true to your characters while also creating a lot of suspense and providing new perspectives and new ways of doing things.

You never know who will live or die in his shows and to say that the viewer is often taken by surprise would be a huge understatement. But the characters’ actions (often) make sense and the events of previous seasons are as relevant to them as they are to us. On the other hand, though Glee tried to surprise me, it never quite could. I always knew that Rachel would end up becoming a big Broadway star, that Kurt and Blaine would end up together despite everything that happened between them, that Emma and Will would get married and have children even though their relationship is toxic in many ways. In an incredibly twisted way, the only time when Glee did something that was genuinely surprising and that rang true was after the death of Cory Monteith. Only then was it forced to do something different. It is a sad truth that it took a cast member dying for them to give up on their plan to have Rachel and Finn marry after all the bad stuff they had gone through. This time, they had to find a backup plan, which made things slightly less predictable. Because, in the end, the lack of continuity only made the show, paradoxically, more predictable. If the characters are ready to forget all mistakes and never really mature, then what could keep me from expecting the end to look like exactly what I had in mind from the first episode?

This predictability may be comforting for some people, but this is not what real life is like. And this is why these characters remain incredibly superficial for me. So why keep watching if I can find something better?